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L'économie suisse face à l’initiative du 14 juin - Les milieux économiques fribourgeois appellent à voter NON

ECONOMIE POLITIQUE

Près de 100 entrepreneurs et représentants de l’économie fribourgeoise se sont réunis lundi soir au sein de l’entreprise Sottas SA à Bulle, à l’invitation de la CCIF, de l’UPCF et de la FPE, afin d’échanger sur les conséquences de l’initiative populaire « Pas de Suisse à 10 millions ! », soumise au vote le 14 juin prochain.

Dans un contexte international marqué par l’incertitude et les tensions économiques, cette rencontre a permis d’aborder les enjeux auxquels la Suisse est confrontée en matière de marché du travail, de compétitivité et de prospérité économique.

Une initiative jugée dangereuse pour l’économie suisse

L’initiative prévoit de plafonner la population résidante permanente de la Suisse à 10 millions d’habitants d’ici 2050. Elle demande notamment la renégociation puis, en cas d’échec, la dénonciation de l’Accord sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’Union européenne dès que le seuil de 9,5 millions d’habitants serait atteint.

Pour les organisations économiques présentes, cette proposition représenterait une mesure sans précédent. Aucun pays au monde n’a instauré de limite démographique comparable. Sa mise en œuvre entraînerait vraisemblablement l’introduction de contingents de main-d’œuvre étrangère ainsi qu’un important système administratif et bureaucratique, tant pour les entreprises que pour les autorités.

Une économie suisse qui a besoin d’ouverture

La soirée s’est ouverte par une allocution du président de la CCIF, Claude Gremion, suivie d’un message du Conseiller d’État Olivier Curty. Invité d’honneur de la conférence, le Conseiller fédéral Ignazio Cassis a rappelé l’importance de préserver l’ouverture économique de la Suisse.

Dans son intervention, il a notamment souligné que les entreprises fribourgeoises ont besoin de main-d’œuvre afin de poursuivre leurs investissements et leur développement. Il a également rappelé que la prospérité suisse repose largement sur les échanges internationaux, en particulier avec l’Europe, qui représente plus de 50 % des exportations fribourgeoises.

Le chef du Département fédéral des affaires étrangères a enfin insisté sur le fait que la Suisse, malgré son dynamisme et sa capacité d’innovation, ne peut évoluer de manière isolée dans un environnement économique mondialisé.

À l’issue de son allocution, Ignazio Cassis a répondu aux questions du directeur de la CCIF, Christophe Emmenegger, ainsi qu’à celles du public.

Des conséquences concrètes pour les entreprises et l’emploi

La conférence s’est poursuivie avec une table ronde réunissant plusieurs représentants de l’économie fribourgeoise : Nadine Gobet, conseillère nationale et directrice de la FPE, Patrick Gendre, président de l’UPCF et du Conseil d’administration de l’Hôtel Cailler, Jocelyn Cattin, directeur de Magtrol, et Jacques Pasquier, directeur général du Groupe JPF.

Les échanges ont mis en évidence les préoccupations concrètes des entreprises face à cette initiative. Les intervenants ont relevé qu’une limitation supplémentaire du marché du travail risquerait de fragiliser de nombreux secteurs économiques déjà confrontés à des difficultés de recrutement, notamment la construction, la restauration ou encore la santé.

Les représentants des milieux économiques ont également rappelé que la dénonciation de l’accord sur la libre circulation des personnes pourrait entraîner des répercussions bien plus larges sur les relations entre la Suisse et l’Union européenne. En effet, le retrait de cet accord pourrait également remettre en cause d’autres accords bilatéraux essentiels pour l’économie suisse, notamment ceux liés à l’accès au marché européen, à la reconnaissance des homologations techniques ou encore à la coopération dans le cadre de Schengen/Dublin.

Le constat partagé par les intervenants est clair : cette initiative créerait de nouvelles difficultés sans apporter de solutions concrètes aux défis démographiques et structurels auxquels la Suisse est confrontée.

Remerciements

La CCIF remercie chaleureusement Laure Solenghi Sottas et Nadir Solenghi pour leur accueil au sein de leur entreprise ainsi que l’ensemble des participants pour la qualité des échanges tout au long de la soirée.

   

Photo : Stemutz